Tendances
Jul 31, 2026

6 tendances qui redessinent la beauté et la cosmétique observées aux Victoires de la Beauté et de la Pharmacie

Packaging, upcycling, clean beauty : 6 tendances des Victoires de la Beauté et de la pharmacie 2026 qui redessinent leur secteur.

6 tendances qui redessinent la beauté et la cosmétique observées aux Victoires de la Beauté et de la Pharmacie

La beauté et la cosmétique peuvent-elles allier performance, plaisir et impact ? Les lauréats 2026 des Victoires de la Beauté & de la Pharmacie prouvent que oui.Comme chaque année, Transformation Positive suit ce palmarès de près : nous accompagnons Monadia depuis six ans et David Garbous, notre fondateur, co-anime la remise des prix. Ce cahier de tendances traduit ce que nous y observons.Vous y trouverez des marques qui repensent l’emballage, valorisent l’upcycling, maîtrisent leurs filières et portent des engagements sociétaux concrets, le tout sans sacrifier l’efficacité.

Le packaging devient un terrain d’innovation durable

La réduction de l’impact environnemental passe de plus en plus par la transformation des emballages, longtemps considérés comme un angle mort de l’innovation.

Plusieurs lauréats illustrent cette dynamique.

Chez Rainett, la gamme Senses introduit la première recharge monomatériau du marché entièrement recyclable et d’autres produits en spray affichent une gachette monomatériau également recyclable. L’enjeu est majeur : la majorité des recharges et des sprays traditionnels sont composées de plusieurs couches de plastiques ou de matériaux différents, ce qui les rend très difficiles à recycler.

D’autres innovations vont encore plus loin en repensant complètement le format des produits.

La marque Less is More propose ainsi des gels douche et shampoings en poudre à diluer chez soi. Les recharges, conditionnées dans des sachets papier, permettent d’éviter le transport d’eau qui représente la majorité du poids des produits cosmétiques classiques. Une analyse de cycle de vie (ACV) vient d’ailleurs confirmer la réduction significative de l’empreinte carbone.

Enfin, certaines marques tentent de redonner sa place à des formats que l’on connait depuis plusieurs années mais qui ne parviennent pas à convaincre assez de consommateurs.

Avec ses shampoings solides enrichis en actifs professionnels, Maison Jearom cherche à répondre à l’un des principaux freins de ces produits : la perception d’un manque d’efficacité. En proposant des formules validées par des professionnels de la coiffure, la marque tente de réconcilier performance et sobriété d’emballage.

L’upcycling d’ingrédients s’installe dans les formules

Autre tendance forte : la cosmétique explore de plus en plus les ressources issues de co-produits agricoles ou industriels, transformant ce qui était auparavant un déchet en actif cosmétique.

C’est le cas de l’extrait de mandarine utilisé par le laboratoire Embryolisse, issu de l’upcycling de l’industrie de la parfumerie. Cet actif est aujourd’hui valorisé dans sa CC cream + pour ses propriétés rééquilibrantes et perfectrices : il régule la production de sébum, contribue à réduire les imperfections et améliore l’homogénéité du teint.

Même logique chez B com Bio (Laboratoire Sicobel), qui utilise de l’eau d’orge issue de la Drôme, valorisant ainsi un co-produit agricole riche en propriétés hydratantes et apaisantes.

Ces initiatives illustrent une évolution importante : l’innovation cosmétique ne repose plus uniquement sur la découverte de nouvelles molécules, mais aussi sur la capacité à mieux valoriser les ressources existantes.

Les marques investissent dans leurs propres filières d’ingrédients

La maîtrise des matières premières devient un enjeu stratégique pour les marques, à la croisée de la qualité, de la durabilité et de la sécurité d’approvisionnement.

Certaines entreprises choisissent désormais d’investir directement dans leurs filières.

Weleda, par exemple, a développé sa propre variété de calendula, après plusieurs années de recherche agronomique. L’objectif : garantir un ingrédient à la fois plus robuste, riche en principes actifs et cultivable en agriculture biologique. En maîtrisant la chaîne d’approvisionnement de la semence au produit fini, la marque sécurise la qualité de ses produits tout en soutenant ses partenaires agricoles.

D’autres innovations passent par les biotechnologies : À La Rochelle, Nami Beauty a développé une bioraffinerie cosmétique intégrée pour exploiter les propriétés de microalgues locales. Cultivées dans des photobioréacteurs et extraites grâce à des procédés brevetés, ces microalgues permettent de produire des actifs performants sans exercer de pression sur les ressources marines.

Enfin, certaines initiatives viennent directement des territoires : La ville de Dax a ainsi lancé Dax & Terra, une marque de soins qui valorise les eaux et boues thermales de la station, reconnues pour leurs propriétés dermatologiques. Une démarche originale, où un territoire transforme son patrimoine thermal en ressource cosmétique et économique.

La “clean beauty” devient la norme

La cosmétique “clean” n’est plus un marché de niche. Elle tend progressivement à devenir un standard attendu par les consommateurs.

Le palmarès 2026 des Victoires de la Beauté en témoigne : 84 % des produits lauréats sont classés vert par l’application INCI Beauty, garantissant l’absence d’ingrédients controversés. À titre de comparaison, seuls 50 % des produits cosmétiques du marché atteignent ce niveau d’exigence.

Certaines marques vont encore plus loin dans leur démarche.

oOlution, par exemple, est la première marque cosmétique à garantir des produits sans huile de palme ni dérivés, pourtant omniprésents dans l’industrie (émulsifiants, tensioactifs, alcools gras…). Une promesse exigeante qui implique de repenser en profondeur les formulations et de trouver des alternatives efficaces et responsables.

La montée en puissance de ces démarches montre que les consommateurs attendent des garanties tangibles sur la composition des produits, bien au-delà du simple discours marketing.

L’influence ne suffit plus : la crédibilité devient essentielle

L’essor des marques portées par des personnalités publiques ou des créateurs de contenu a profondément transformé le secteur depuis plusieurs années. Mais le succès ne repose plus uniquement sur la notoriété.

L’exemple de Cabale, la marque de cosmétiques lancée par Marie Lopez, plus connue sous le nom d’Enjoy Phoenix, l’illustre bien. L’un de ses produits a obtenu la note maximale de 20/20 lors des tests consommateurs des Victoires de la Beauté.

Au-delà de l’image de la créatrice, c’est le travail de formulation, la qualité des compositions et l’efficacité des produits qui ont été salués par les consommateurs qui testent les produits de façon complètement anonymisée pour se concentrer uniquement sur le produit.

Cette évolution reflète une attente croissante : dans un marché saturé de lancements, la crédibilité scientifique et la transparence deviennent indispensables pour installer une marque dans la durée.

La beauté devient aussi un engagement sociétal

Enfin, plusieurs marques primées montrent que la cosmétique et l’univers de la pharmacie peuvent aussi porter des engagements sociétaux forts, en répondant à des besoins encore insuffisamment pris en compte.

La marque Elia Lingerie développe ainsi des culottes menstruelles, permettant d’éviter l’utilisation de milliers de protections jetables au cours de la vie d’une femme. Au-delà du produit, l’entreprise milite activement pour que ces protections soient remboursées par la Sécurité sociale, afin de lutter contre la précarité menstruelle.

De son côté, MÊME conçoit des soins dermo-cosmétiques spécialement adaptés aux personnes en traitement contre le cancer. Les formules, testées cliniquement et ultra-sûres, répondent à une problématique souvent peu visible : la difficulté pour les patients de trouver des produits adaptés à une peau fragilisée par les traitements.

Ces initiatives rappellent que la cosmétique ne se limite plus à la promesse esthétique. Elle peut aussi devenir un outil d’accompagnement, de santé et d’inclusion.

Une beauté plus responsable, mais aussi plus exigeante

Pris ensemble, ces exemples dessinent un secteur en pleine transformation.

Les innovations ne portent plus uniquement sur la promesse beauté. Elles s’appuient désormais sur un ensemble de leviers complémentaires :

  • éco-conception des emballages,
  • valorisation de nouvelles ressources,
  • maîtrise des filières d’ingrédients,
  • formulations plus transparentes,
  • engagements sociétaux plus affirmés.

Autant de signaux qui montrent que la beauté évolue vers un modèle plus responsable, mais aussi plus exigeant pour les marques comme pour les consommateurs.