L’alimentation en transition : 5 signaux forts des Saveurs de l’Année 2026
MDD, filières françaises, alternatives alimentaires… Découvrez 5 signaux forts qui transforment déjà nos assiettes.

Vous cherchez des exemples concrets de marques qui transforment leur secteur sans sacrifier le plaisir ou la performance ? Ce cahier de tendances est fait pour vous.
Il rassemble les principaux enseignements des Saveurs de l’Année 2026, un palmarès que nous suivons de près chez Transformation Positive : nous accompagnons Monadia depuis déjà six ans et David Garbous, le fondateur de notre cabinet, a le plaisir de co-animer la remise des prix depuis plusieurs éditions.
Au fil des thématiques, vous découvrirez des marques connues qui réinventent leur approche, des nouveaux acteurs à suivre et des innovations qui méritent de servir de référence.
Les MDD deviennent des locomotives de la transition alimentaire
Longtemps perçues comme des alternatives économiques aux grandes marques nationales, les marques de distributeurs (MDD) s’imposent aujourd’hui comme des acteurs majeurs de la transformation du secteur et s’engagent parfois plus que les marques nationales.
Cette année, certaines enseignes ont particulièrement marqué les esprits. Aldi, avec 81 produits primés, s’impose comme l’un des acteurs incontournables de cette édition, soutenu par une campagne de communication difficile à manquer. Intermarché, avec 25 produits récompensés, confirme également le rôle structurant que peuvent jouer les distributeurs.
Au-delà du volume de produits primés, c’est surtout la logique d’engagement global qui se démarque. Les MDD déploient désormais des stratégies transversales sur leurs gammes :
- valorisation de l’origine France,
- affichage systématique du nutriscore,
- structuration de filières agricoles,
- meilleure lisibilité pour les consommateurs.
L’exemple d’Intermarché Terroirs, nouvelle signature des Produits Filière Terroir, illustre cette dynamique : faire de l’origine française non seulement un argument marketing, mais aussi un levier de structuration agricole et de différenciation durable.
La renaissance des filières agricoles françaises
Autre signal fort : la volonté croissante des marques de sécuriser et relocaliser leurs approvisionnements agricoles.
Plusieurs lauréats illustrent cette tendance en investissant directement dans des filières françaises :
- Hari & Co a structuré sa propre filière de légumineuses en Rhône-Alpes vec une dizaine d’agriculteurs partenaires, afin de soutenir des cultures encore peu développées en France mais essentielles pour la transition alimentaire.
- Curly (Vico) valorise du maïs français, poursuivant l’engagement historique du groupe auprès des agriculteurs, déjà connu pour sa filière de pommes de terre en Picardie.
- Lucien Georgelin travaille avec des noisettes françaises, une culture pourtant fragile et confrontée à de fortes tensions agronomiques, notamment au cœur des débats récents sur les néonicotinoïdes.
Au-delà de la simple origine des ingrédients, ces initiatives traduisent une évolution plus profonde : les marques cherchent à reconstruire des chaînes de valeur plus résilientes, capables de répondre à la fois aux attentes des consommateurs, aux défis climatiques et au renouvellement des générations agricoles.
Les alternatives alimentaires continuent de se diversifier
Les alternatives alimentaires ne se limitent plus au seul végétal. La tendance s’élargit et touche désormais plusieurs dimensions des habitudes de consommation.
Côté alimentation, les protéines végétales continuent de progresser avec des acteurs comme Hari&Co ou HappyVore, qui participent à installer durablement les légumineuses et alternatives végétales dans l’offre alimentaire quotidienne.
Mais la dynamique concerne aussi d’autres catégories, comme les boissons. Les vins sans alcool, portés par des marques comme Moderato ou Bonne Nouvelle, témoignent de l’essor d’une nouvelle génération de produits qui répondent aux attentes de modération, de convivialité et de bien-être.
Cette diversification montre que les alternatives ne sont plus seulement un marché de niche : elles deviennent une composante normale de l’offre alimentaire, capable de répondre à une pluralité de motivations (santé, environnement, modes et moments de vie).
L’économie circulaire s’invite dans les coulisses des produits
Certaines innovations récompensées cette année montrent que la transition peut aussi passer par des améliorations discrètes mais très concrètes dans les chaînes de production et les emballages.
Chez Justin Bridou (groupe Aoste), une filière de recyclage a été mise en place pour la glassine, ce papier siliconé utilisé comme support d’étiquettes et longtemps difficile à valoriser.
Résultat : 35 tonnes par an passent du statut de déchet à celui de ressource, transformées en ouate de cellulose utilisée comme isolant thermique dans le bâtiment.
Autre exemple avec les cocottes de moules Royal (Angulas Aguinaga) : la suppression du noir de carbone dans l’emballage permet désormais aux centres de tri de détecter correctement le plastique et donc de le recycler. Une amélioration technique simple, invisible pour le consommateur, mais déterminante pour la recyclabilité.
Ces innovations illustrent une tendance de fond : la transition écologique se joue aussi dans les détails industriels et logistiques, souvent peu visibles mais à fort impact. Il est d’ailleurs important de réussir à valoriser ces efforts qui mobilisent énormément les équipes en interne, que ce soit auprès d’un public BtoB ou BtoC.
La nutrition redevient un marqueur de confiance
Enfin, plusieurs produits primés montrent que la qualité nutritionnelle redevient un critère central pour les consommateurs.
Des marques proposent aujourd’hui des solutions capables de réconcilier santé et plaisir, longtemps opposés dans l’imaginaire alimentaire.
C’est le cas de Yacon & Co, qui valorise une racine originaire du Pérou naturellement riche en fibres et quatre fois moins sucrée que le sucre classique, avec un indice glycémique bas. Une innovation qui permet de réduire la consommation de sucre sans renoncer à la gourmandise, tout en soutenant une filière agricole génératrice d’emplois féminins au Pérou.
Dans un registre différent, La Belle Chaurienne démontre qu’un plat traditionnel comme le cassoulet peut aussi trouver sa place dans les recommandations nutritionnelles en étant nutriscore A : les haricots blancs représentent une majeure partie du produit et apportent fibres et protéines végétales.
Enfin, des produits comme le pain Glucibon, faible en glucides mais riche en fibres et en protéines, s’inscrivent dans les nouvelles orientations des recommandations nutritionnelles et dans l’évolution des attentes des consommateurs.
La nutrition apparaît ainsi comme un puissant levier de réassurance, à condition d’être abordée de manière crédible et transparente.
En filigrane : un secteur en mutation progressive
Pris individuellement, ces exemples peuvent sembler modestes. Mais ensemble, ils dessinent une évolution claire : l’innovation alimentaire ne repose plus uniquement sur la recette ou le goût (qui reste bien évidemment l’élément central à assurer avant d’ajouter des engagements supplémentaires).
Elle s’appuie désormais sur une combinaison de leviers :
- filières agricoles plus durables,
- alternatives de consommation,
- innovation industrielle et circulaire,
- réassurance nutritionnelle.
Autant de signaux qui montrent que la transformation de l’alimentation est déjà en marche, par petites touches, mais sur toute la chaîne de valeur.

